Archives de la catégorie : Les vins

A la rencontre d’Y d’Yquem

Le 28 janvier, Arcturial organisait un dîner autour d’Y d’Yquem, en présence de Pierre Lurton – Président du château d’Yquem, de Sandrine Garbay – maitre de chai du château, et de quelques amateurs et passionnés. Le restaurant Apicius servait d’écrin à cette soirée rare.

Invitation dîner Yquem

Y est un vin singulier, qui offre un visage différent à chaque millésime. Le 2011 nous a séduit par sa tension, son toucher soyeux et sa longueur. 2010 et 2000 jouent quant à eux sur des registres plus miellés, exotiques, mais toujours avec cette vicacité et cette pureté unique. Les accords avec le thon cru et fois gras poêlé au gingembre, puis avec la volaille de Bresse rôtie et laquée aux épices se sont révélés merveilleux.

La soirée s’est achevée par un château d’Yquem 2011, parfait cavalier de la « mandarine dans tous ses états », en un tango virevoltant !

 Menu Y d'Yquem

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Le Jura sur son 31 !

Vin d’Arbois. Clos Pasteur, récolte de la vigne de Pasteur 1974. Henri Maire.

Une curiosité, une rareté même, pour débuter cette dégustation. Disons-le tout de suite : l’intérêt suscité par ladite bouteille n’a eu d’égal que la déception qui s’est manifestée sur les visages de Catherine et ses boys. Au nez, c’est madérisé. En bouche, on est sur la noix, c’est asséchant, presque aigre. Le vin et « amaigri ». Je pense qu’il fallait « saisir » ce vin dans son immédiateté. 10 minutes plus tard, cela devient mauvais, imbuvable même.

Vin d'Arbois Vigne de Pasteur 1974

 

Les blancs :

1) Stéphane Tissot Bruyères 2005.
Croque-monsieur au chorizo selon Senderens.

Vin tout en finesse, en tension, sur une belle ligne acide. Le premier nez grillé laisse ensuite s’exprimer d’intéressantes notes de poire. C’est légèrement oxydatif. L’accord avec le charnu et le moelleux du croque-monsieur au chorizo de Senderens est parfait.

Bruyères 2005 Tissot et croque monsieur chorizo

2) Ganevat Chardonnay Les Chamois du Paradis 2004.
Saint-Jacques juste saisies & lard de colonnata, compotée d’endives selon Eric B

Un nez sur l’ananas, les fruits exotiques. En bouche, du fruit sur une belle fraîcheur. C’est à la fois long, droit et volumineux. L’accord avec la compotée d’endive que je pensais avoir trop « confite » ( !) est juste. J’ai beaucoup aimé ce vin.

3) Camille Loye. Arbois cuvée Saint-Paul 1989.
Pommes de terre au Mont d’Or fondu et au safran.

Le nez a tout d’abord orienté la majorité des dégustateurs vers le chardonnay… et la majorité avait raison ! Notes de noix verte, vin oxydatif. Ce qui étonne, c’est sa finesse, sa fraîcheur, son acidité, au regard de l’âge. Et c’est long de surcroit.

Arbois Camille Loye cuvée St Paul 1989 et pommes de terres au Mont d'Or fondu

4) Stéphane Tissot Savagnin 1998.
Dorade à la vinaigrette de curry et petits légumes, selon Senderens.

Ce quatrième vin est la parfaite démonstration d’un tout sublimant chacune des parties, à savoir un accord met/vin transfigurant littéralement le savagnin d’une part, et la dorade et ses petits légumes d’autres part. Le coté doux/acide des pickles dialogue parfaitement avec le vin. Grand moment d’harmonie…

Dorade à la vinaigrette de curry et petits légumes

 

Les rouges :

5) Puffeney, Arbois Trousseau les Bérangères 2007.
Terrine de lièvre et terrine de faisan aux girolles de Gilles Verot, viande séchée des Grisons.

Vin gourmand sur des notes de fraises des bois. C’est simple et bon.

Arbois Trousseau Les Bérangères Puffeney 2007

6) Overnoy / Houillon, Poulsard 2008.
Terrine de lièvre et terrine de faisan aux girolles de Gilles Verot, viande séchée des Grisons.

On est sur du fruit, des épices discrètes, de la cerise. Le vin est légèrement trouble. C’est très frais, toujours gourmand mais bien plus fin et complexe que son prédécesseur.

Overnoy Poulsard 2008

7) Stéphane Tissot, Pinot noir En Barberon 1998.
Terrine de lièvre et terrine de faisan aux girolles de Gilles Verot, viande séchée des Grisons.

Soyeux, rectiligne, long. Superbe.

Tissot Pinot Noir En Barberon 1998

8) Château d’ Arlay 1996.
Poulet de Bresse au Vin Jaune et aux morilles.

Je n’ai pas pris de notes sur ce vin, absorbé que j’étais par le poulet de Bresse au Vin Jaune et aux morilles…

Chateau d'Arlay vin jaune 1996

9) Château Chalon Berthet Bondet 1988.
Poulet de Bresse au Vin Jaune et aux morilles.

Superbe vin, sur un registre d’acidité et de tension qui le marie à la perfection avec le gras et le moelleux du poulet de Bresse. Je découvre les vieux vins Jaunes et suis surpris par leur jeunesse.

Château Chalon Berthet Bondet 1988

10) Château Chalon Macle 2000.
Morbier jeune, Gouda 48 mois et Comté 24 mois de Marie Quatre Homme.

Le coup de cœur de la soirée pour moi. Un vin d’une finesse et d’un équilibre superlatifs, cristallin, d’une grande délicatesse et d’une infinie complexité. De surcroit, c’est encore un bambino à l’aube de vie que l’on imagine quasi infinie…

L’alliance avec le comté 24 mois de Marie Quatrehomme est une joute au sommet !

Chateau Chalon Macle 2000

 

11) Vin Jaune 2005. Fruitière vinicole de Voiteur.
Morbier jeune, Gouda 48 mois et Comté 24 mois de Marie Quatre Homme.

Pas de notes prises sur ce vin. Je m’étais sûrement envolé sous d’autres cieux avec le breuvage suscité…

Vin Jaune Fruitière Vinicole de Voiteur 2005

12) Macvin Macle.
Glace aux noix de Berthillon, glace à la vanille de Madagascar de François Théron, figues sèches, pruneaux et pâte de coing de Marie Quatre-Homme.

Extravagant … c’est le terme qui qualifie le mieux le souvenir gustatif que me laisse ce Macvin… et sa fabuleuse association aux glaces Berthillon et Théron. Certes il désarçonne et dérange par sa singularité. Mais je crois qu’il ne faut pas chercher de référentiel auquel le comparer, et plutôt se laisser conduire par l’explosion des arômes en bouche: orange amère, chocolat, liqueur de prune…

Une conclusion en apothéose pour cette magnifique soirée !

Dégustation Jura

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Côte-Rôtie Jamet 2005

Dégustée sur un bœuf en daube, cette côte-rôtie s’est révélée magistrale. D’une incroyable fraîcheur et d’une grande complexité, avec des notes de violette, de framboise, de café et d’épices fines, ce vin a enchanté les convives. En bouche, la matière – bien présente – est enrobée par des tanins très fins. C’est tendu est d’une grande buvabilité. Superbe !

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Bordeaux : match entre challengers et valeurs sûres

Le 19 octobre dernier, le groupe de dégustateurs « Catherine et les garçons », du site La Passion du Vin (LPV), se réunissait autour d’un match entre challengers et valeurs sûres de Bordeaux.

la tension était palpable sur la ligne de départ… boire du Bordeaux serait-il devenu ringard ? un passe-temps pour investisseurs argentés ? Etait-il encore possible de prendre autant de plaisir à déguster un second cru classé qu’une quille biodynamiste de Loire ou du Languedoc ? On évoquait ça et là Parker, le chêne neuf exubérant, les prix stratosphériques, l’engouement chinois, etc …   Il fallait en avoir le coeur net.

1. Caillou Blanc de Talbot 2007
Rillettes de saumon, roquette et tomate séchée
Beau nez citronné, buis. Belle acidité. C’est droit. On évoque la question du sucre résiduel, interrogation qui prend tout son sens sur l’accord, qui confère au vin un coté « demi-sec ». Le vin est charmeur, mais il me semble que les rillettes auraient mérité une tension et une acidité plus vives.


2. Les Plantiers du Haut Brion 2007
Huitre chaude à la julienne de légumes
On monte d’un cran en complexité. C’est à la fois rond et gras, superbement équilibré avec un bois parfaitement absorbé. L’amertume en finale lui confère un touche distinguée qui nous ravit. L’accord avec l’huitre chaude est parfait.


3. Y d’Yquem 2004
Pot au feu de foie gras
Les premières gorgées précèdent le silence … on se regarde … ce silence est aussi d’Yquem … comme l’aurait dit le regreté Frédéric Dard. Avant que ne soit révélée l’étiquette, l’avis est unanime : on est en présence d’un grand blanc (ce ne sont pas les quelques squales présents ce soir là qui me contrediront ..). Tactilement, c’est superbe : quel toucher de bouche. On est sur de la soie, de la craie fine, qui caresse à chaque gorgée nos palais. L’accord avec le pot au feu de foie gras est magnifique.


4. Château le Puy 2003
5. Branaire-Ducru 2003
Assiette de terrines, magret fumé, lonzo, …
Ca cause rustique tout d’un coup avec Le Puy 2003. Mais à l’évidence c’est bon et on se fait plaisir. Franc, sans ambages, simple et discutant d’homme à homme avec les terrines et les cèpes grillés. Une belle surprise et un très bon rapport qualité prix. De là à lui décerner la Goutte de Dieu ultime … Du coup, je prends beaucoup moins de plaisir avec le Branaire-Ducru 2003. Son classicisme ne m’émeut guère. Je lui préfère la simplicité et le fruit de l’idole des nippons.

6. Chateau Meylet – Saint Emilion 2001
7. Angélus 1998
8. Léoville Barton 1985
Navarin d’agneau aux petits légumes
En challenger qu’il est, Meylet 2001 est une jolie surprise. Angélus est décevant. Fermé, recroquevillé, avec un boisé persistant. Une déception pour ce vin que j’avais beaucoup mieux gouté – paradoxalement – il y à 6 ans. Problème de bouteille ? Phase ingrate pour ce vin ? Ouvert trop tardivement ? Léoville Barton est tout en classe, fin, équilibré, avec d’élégantes notes mentholées qui lui confèrent un coté frais, désalthérant, probablement renforcé par le fait qu’il succède à Angelus.


9. La Mission Haut Brion 1988
Fromages
Magnifique d’élégance, de finesse. Il ne cesse d’évoluer dans le verre. C’est complexe, entre tabac blond, notes fumées, cèdre, et cuir. Un vin qui mériterait presque d’être bu pour lui même


10. Sauternes Rousset Peyraguet Crème de tête 1995
11. Yquem 1996
Tatin de la patisserie des rêves (Conticcini)
Le Rousset Peyraguet est une bombe, de fruit, de sucre, avec une acidité remarquable qui le tient debout. C’est un vin de méditation, à boire pour ce qu’il est. L’accord avec le Rousset Peyraguet est trop riche à mon goût. Avec Yquem, le dialogue s’établit naturellement. La tension et la longueur du vin tiennent tête au sucre du dessert. C’est un accord d’une grande finesse, sans qu’aucune des parties ne prenne durablement le dessus. Superbe.

Cette dégustation est une parfaire démonstration de l’étendue du potentiel bordelais. Certes, les valeurs sûres tiennent leur rang. Mais lorsque l’on sait aller chercher les « bons » oustiders, il est possible de prendre un plaisir fou à un niveau de prix très accessible. A méditer …

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Clos Rougeard Les Poyeux 2002

Déguster un Clos Rougeard reste un moment rare. Les vins du domaines tutoient constamment la perfection, et ce Poyeux 2002 ne fait pas exception à la règle. La robe commence à tendre vers un rouge tuilé. Au nez, c’est un beau fruit mûr, du poivron et du zan qui ressortent – dans leurs expressions les plus nobles. L’attaque est précise. Une merveille d’équilibre : c’est fin et soyeux, tout en étant plein et long, avec un velouté incroyable. Quelle émotion tactile !

Afin de mieux comprendre la magie du Clos Rougeard, écoutons les frères Foucault nous parler de leurs vignes et de leurs vins :

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