Archives de la catégorie : Les vins

Le rosé 2016 Mathilda du domaine Tournon

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’été 2016 se sera fait désirer. Il aura fallu attendre mi-juillet pour que le soleil prenne enfin ses quartiers d’été sur la France et nous incite par là-même à repenser terrasses, apéros entre amis, pique-niques, et donc … rosé !

L’occasion de savourer de délicieux rosés de Provence, Corses ou du Languedoc, voire de se laisser séduire par les charmants Clairets de Bordeaux. Les meilleurs d’entre eux étant – à juste titre – parfaitement reconnus par les amateurs.

Mais une des belles surprises de ce début d’été nous vient d’Australie, sur le millésime 2016 (une bonne occasion d’étonner vos amis), avec le rosé Mathilda du domaine Tournon, de la maison Chapoutier. Un gage de savoir-faire, confirmé à la dégustation : doté d’une robe très pâle, ce rosé 100 % grenache offre un nez charmeur, sur des notes de petits fruits rouges et de fruits à chair blanche. La bouche est élégante et rafraichissante. Un vrai rosé de plaisir immédiat à 9,80 euros prix propriété. A découvrir sans attendre.

Rosé Mathilda 2016 domaine Tournon

 

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Les rosés 2015 du Château Cavalier

Posons tout de suite les choses. Le Château Cavalier appartient au groupe Castel. Son pédigrée le positionne donc « présumé coupable » aux yeux d’une frange d’amateurs ayant une approche militante de la consommation de vin, à l’exemple des buveurs « natures » et autres intégristes du « small is beautiful ». L’origine (dans un sens ou dans l’autre) n’étant pas de nature à influencer mes goûts, il me restait à vérifier ce que le millésime 2015 avait à raconter au Château Cavalier.

A la même époque l’an dernier, j’avais pu apprécier la construction intelligente de la gamme. En 2015, les vins ont gagné en précision, malgré un millésime difficile pour les rosés (maîtrise des degrés). La clé de la réussite se situe à la vigne, avec un retardement d’une quinzaine de jours de la véraison et de l’aoûtement afin de repousser le coté phénolique. Le compost organique produits par le domaine et les 100 hectares irrigués (système goutte à goutte piloté, sondes capacitives) en sont les principaux contributeurs. Du coté cépages, le grenache reste majoritaire mais le rolle monte en puissance (jusqu’à 15% dans les deux cuvées phares) pour son apport aromatique (recherche des thiols – maintient en cuves à 0°C pendant 3 semaines. Le grenache restant en macération pelliculaire). Enfin l’élevage de la cuvée Prestige se fait en fut de chêne/acacia afin de conserver la fraîcheur et éviter le coté lourd du bois.

Les vins

Le relais de Cavalier 2015 est doté d’une robe rose pâle et possède un nez épicé discret. Construit sur la vivacité et l’acidité, c’est un rosé d’entrée de gamme bien fait.

Relais de Cavalier 2015

La Réserve de la Famille 2015 présente une robe rose plus intense et un joli nez de fruits rouges et d’eucalyptus. C’est un vin franc et très agréable.

Réserve de la famille 2015

Le Château Cavalier 2015, servi en magnum, offre de jolies notes d’agrumes et de fruits jaunes. Il est équilibré et d’une belle opulence qui le destine à la table. A noter qu’il est produit à hauteur de 400 000 milles bouteilles environ.

Château Cavalier 2015

Le Château Cavalier Prestige 2015, produit à hauteur de 16 000 bouteilles, est l’accompagnement idéal des grands sushis. Il exhale des notes de fruits rouges (framboise) et d’épices et offre une bouche équilibrée, gourmande, d’une grande finesse.

Château Cavalier Prestige 2015

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Louis Latour, l’excellence bourguignonne

Dans un contexte où bon nombre d’amateurs de vin associent (trop) systématiquement qualité avec structure de petite taille, approche nature, et interventionnisme minimum (jusqu’à percevoir science et technologie comme suspectes…), il est intéressant de comprendre et d’évaluer la gamme d’une grande maison bourguignonne, présente sur l’ensemble de la région, depuis Chablis jusqu’au Beaujolais. Le rendez-vous nous est donné à l’hôtel Shangri-La, un cadre exceptionnel pour une dégustation magistralement organisée.

Histoire

La maison Louis Latour fut fondée en 1797. C’est en 1834 que s’achève la construction de la cuverie Corton Grancey à Aloxe Corton. Révolutionnaire pour l’époque et prodigieuse d’ingéniosité, cette cuverie, fonctionnant par gravité sur cinq niveaux, participe encore aujourd’hui à l’élaboration des grands vins de la maison, tel l’exceptionnel Corton Grancey. En 1860, le domaine devient maison de négoce. En 1891, le phylloxéra ayant détruit tout l’aligoté, Louis Latour décide de planter du chardonnay sur la partie sud du sommet de la colline de Corton : le Corton-Charlemagne est né ! Tout au long du XXème siècle, la maison se fait connaître auprès d’une clientèle internationale au sein de grands restaurants et d’hôtels de luxe. En 2003, c’est l’acquisition du domaine Simmonnet-Febvre à Chablis, suivie en 2008 de celle de la maison Henry Fessy en Beaujolais.

Domaine Simonnet-Febvre

Dirigé par Jean-Philippe Archambaud, le domaine Simmonnet-Febvre vinifie et commercialise une large gamme de vins depuis le Crémant de Bourgogne, en passant par les Coteaux de l’Auxois et les Saint-Bris, jusqu’aux exceptionnels Chablis Grands crus. Parmi  les bonnes surprises, on notera un joli Crémant de Bourgogne Brut (10 euros), sur le fruit, agréable et franc. Plus vineux, le Crémant de Bourgogne Brut P100 Blanc de noir (11,20 euros) est un effervescent de gastronomie au rapport qualité-prix très intéressant.

Crémant de Bourgogne Brut Simonnet-Febvre P100

Une découverte ensuite, le Coteaux de l’Auxois Esprit de Lyre « Auxerrois » 2014 (7,50 euros) met en valeur l’expression aromatique d’un cépage que l’on goûte peu. Un excellent vin d’apéritif et de crustacés à boire dans les trois ans, que j’ai trouvé plus singulier que les cuvées Saveurs de Lyre 2013 (50% auxerrois – 50% chardonnay) et Quintessence de Lyre 2013 (100% chardonnay).

Coteaux de l'Auxois Simonnet-Febvre Esprit de Lyre 2014

En rouge, le Bourgogne Epineuil 2014 (10 euros) révèle de belles notes de fruits des bois et de fraise. Sur une bouche souple et franche, il est le parfait compagnon d’une planche de charcuterie ou d’un pâté de tête.

Bourgogne Epineuil Simonnet-Febvre 2014

La gamme des Chablis est exhaustive avec pas moins de 12 vins d’une grande homogénéité qualitative. Le Chablis 1er Cru « Côte de Léchet » 2012 (17,50 euros) est très droit et doté d’un beau fil acide. Presque austère, à l’image de son terroir caillouteux très pauvre, une garde de quelques années (5 à 7) l’épanouira et en fera l’ami d’un carpaccio de bœuf. Le Chablis 1er Cru Montée de Tonnerre 2013 (22,50 euros) est déjà séduisant. Sur un nez de fleurs blanches et de tilleul, la bouche se révèle ample et parfaitement constituée. Du côté Grand Cru, le Chablis « Preuses » 2012 offre d’élégantes notes d’agrumes et de pierre à fusil, et est doté d’une belle constitution. Taillé pour la garde, il accompagnera d’ici quelques années un sandre au beurre blanc.

Chablis Léchet Tonnerre Preuses Simonnet-Febvre

Maison Henry Fessy

Proposant pas moins de 13 cuvées en Beaujolais, la maison Henry Fessy se positionne comme une référence qualitative du Beaujolais depuis son rachat en 2008 par Louis Latour. Trois vins ont particulièrement retenu mon attention : Le Régnié « Château des Reyssiers » 2013, est gourmand, sur le fruit rouge et les épices, épatant ! Le Fleurie « Château des Labourons » 2013, issu d’une toute petite parcelle, est doté d’une attaque franche, et exhale des notes de cassis. Construit sur l’élégance et la finesse, sa finale est remarquable. Enfin, le Moulin à Vent 2012 se caractérise par une finesse tannique et une gourmandise qui appelle un filet mignon aux pruneaux !

Maison Louis Latour

Les 1ers et Grand Crus blancs de la maison gagnent en précision et en raffinement d’année en année. La gamme est aujourd’hui d’un niveau inégalé au vu des volumes produits. Le Chassagne-Montrachet 1er Cru «La Maltroie » 2012 est très expressif sur des notes noisetées et beurrées. Long et ample en bouche, sa pointe d’amertume en finale lui donne un « peps » incroyable. Le Criots-Batard Montrachet Grand Cru 2008 a parfaitement intégré son (élevage) bois d’une grande justesse et propose une bouche d’une grande complexité : agrumes, miel, cire, brioche. C’est un festival !

Chassagne & Criot Batard Montrachet Louis Latour

Le Chevalier-Montrachet Grand Cru « Les Demoiselles » 2011 tutoie les sommets de l’élégance. A table, son acidité dynamise littéralement les crevettes aux noix, le sucre et l’acide dansant un tango résonnant par vagues successives.

Crevettes aux noix

Cette revue (quasi) exhaustive des vins proposés par la Maison Louis Latour démontre un savoir-faire impressionnant,  depuis les crus de beaujolais friands et « de copains » jusqu’aux exceptionnels Grand Crus de Chardonnay qui font la légende bourguignonne. Un must.

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Le renouveau du Bourgogne Aligoté

L’Aligoté n’est pas toujours à la fête auprès des amateurs de bourgogne. Ce cépage 100% bourguignon issu du croisement du Gouais blanc et du Pinot noir a en effet longtemps souffert de sa comparaison avec le Chardonnay.  Souvent relégué à la seule élaboration du Kir, l’Aligoté revient aujourd’hui sur le devant de la scène chez de nombreux vignerons, avec des récoltes à  pleine maturité et des progrès en vinifications. Contrairement à l’idée reçue, l’Aligoté peut vieillir quelques années, pour laisser parler son terroir. Il offre alors de belles possibilités d’accords mets-vins.

C’est au restaurant les Climats – tout juste auréolé de sa première étoile et offrant pas moins de 26 Aligotés à la carte (trouvez mieux !) – sous la houlette de l’excellent sommelier Franck Emmanuel Mondésir, que journalistes et blogueurs étaient conviés pour déguster quelques-uns des meilleurs vins de l’appellation : les maisons Fichet, Joseph Drouhin, Bailly-Lapierre, Guillaume Baduel, Maillard Père et Fils, Jean-Claude Boisset, Louis Jadot, Chevalier Père et Fils, Michel Sarrazin et Fils, Albert Bichot, Chevrot et Fils, et Jean-Christophe Perraud étaient au rendez-vous.

Franck Emmanuel Mondésir en pleine action
Franck Emmanuel Mondésir en pleine action

A l’apéritif, un vin s’est clairement détaché du lot : l’Aligoté du domaine Fichet 2014. Doté d’un beau fil acide, sur des notes d’agrumes et une pointe de miel, il est parfaitement équilibré, gourmand et appelle sans retenue le second verre. Une réussite.Aligoté Fichet 2014

 

Mais c’est à table que l’Aligoté prend toute sa dimension. Sur une bonite au naturel laquée d’un caramel au soja et aromates, croustille au sésame, deux vins sont proposés. L’Aligoté 2011 du domaine Chevalier Père et Fils, vif et franc, sur des notes d’agrumes, offre un mariage idéal avec le fondant de la bonite et la douceur du caramel au soja.  Le Bouzeron 2012 de la maison Louis Jadot est plus construit, sur un boisé parfaitement intégré. C’est un vin flatteur – ce n’est pas péjoratif – et très gourmand.

Chevalier Jadot Bonite

Sur la longe de veau cuite au sautoir, sauce poivre vert et citron, girolles et gnocchis, c’est l’Aligoté  Charnailles 2014 du domaine Michel Sarrazin et Fils qui présente le plus bel accord. Offrant une belle mâche, plus ample que vif, c’est un vin de gastronomie qui possède de beaux jours devant lui.

Aligoté Michel Sarrazin Charnailles 2014

Pour clore le déjeuner, les Aligoté « Tilleul » 2010 du domaine Chevrot et Fils et 2013 du domaine Jean-Christophe Perraud ont fait merveille avec les fromages de chèvre affinés.

Aligotés Chevrot PerraudJe vous recommande donc de vous pencher sérieusement sur ces Bourgognes Aligotés en plein renouveau. Ils vous procureront de grands moments de plaisir, à l’apéritif ou à table, à des niveaux de prix très abordables.

 

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La magie du Clos des Fées

Le 18 mai dernier, le Bristol ouvrait ses portes au Clos des Fées. Un cadre idéal et une dégustation très intelligemment organisée, pour comprendre la magie de cette perle du Roussillon.

Les Blancs, petits et Grands, ouvrent le bal : « Les Sorcières » blanc 2014 (roussanne, macabeu, grenache, vermentino) est un vin vif, simple et droit doté d’une jolie pointe d’amertume (ah.. le vermentino !) en finale. La cuvée « Vieilles Vignes » Grenache Blanc 2014, est plus ample et structurée, dans un registre fruité et tendu. Puis le grand coup de Cœur de cette dégustation : Le Clos des Fées blanc 2012. Un 100% sémillon merveilleusement aromatique, délicat et tendu, d’une grande pixellisation, sûr des arômes de citron, de brioche et de miel. Un enchantement !

Clos des Fées blancs

Abordons les Vins de Fruits, rouges et Rosés : « Les Sorcières » rosé 2014 (grenache, syrah, mourvèdre) est souple et fruité. La cuvée « Modeste » rouge 2014 (grenache, syrah, cinsault) est un parfait vin de copain. Vinifié comme un rosé, il appelle une belle charcuterie. Enfin, « Les Sorcières » rouge 2014 (syrah, grenache, carignan), sur le fruit, possède une bouche charnue, des tanins fins et une belle acidité.

Clos des Fées vins de fruits

La cuvée « Vieilles Vignes » rouge 2012 (50% grenache, 40% carignan, 10% syrah) annonce les Grands Classiques du Clos des Fées. Le nez – encore relativement fermé – dévoile des notes de fruits rouges mûrs et d’épices. La bouche s’ouvre sur les fruits noirs et se prolonge sur une superbe amertume. Le Clos des Fées rouge 2011 (grenache, syrah, carignan, mourvèdre), élevé 12 mois en barriques est taillé pour la garde. Concentré et puissant, il reste élégant grâce à sa finale d’une grande fraîcheur.  Avec « La petite Sibérie » 2011, on monte encore d’un cran en concentration et en précision. Ce 100% grenache noir révèle des notes d’épices et de fruits noirs très murs. La bouche est d’une rectitude impressionnante. Un très grand vin qui récompensera les plus patients d’entre nous, dans 10 ou 15 ans…

Clos des Fées grands classiques

« De battre mon cœur s’est arrêté rouge 2014 ». Non ce n’est pas ce qui m’est arrivé après la dégustation du vin précédant (quoi que …), mais une des trois cuvées parcellaires du domaine. Equilibré, rond et suave, ce 100% syrah très élégant ouvre sur une grande variété d’accords mets-vins. Assemblage de 80% de cabernet franc et de 20% de merlot, « Un Faune avec son fifre sous les oliviers sauvages » rouge 2013 offre un joli nez de garrigue, de poivron et d’olives noires, une bouche charnue et des tannins qui devront s’arrondir avec le temps. Enfin, « Images Dérisoires » rouge 2013 (80% tempranillo et 20% carignan) est un vin très gourmand, du fruit très concentré presque « croquant », et très plaisant.

Clos des Fées parcellaires

La dégustation se terminera par quelques quilles de « Derrière les Fagots ». Un « Vieilles Vignes » rouge 2005 patiné mais encore très puissant, possédant des tanins très ronds. Un « Clos des Fées » rouge 2005 exhalant de magnifiques notes grillées et de fruits rouges sur une bouche ample, longue, dotée d’un équilibre magistral. Un vin de grande gastronomie. Enfin, « La petite Sibérie » rouge 2008, à la fois puissant et élégant, véritable concentré d’épices et de fruits rouges se destine à une très longue garde.

Clos des Fées Derrière les Fagots

Cette dégustation confirme que les cuvées du domaine atteignent aujourd’hui un niveau d’excellence inégalé dans la région. Un Clos des Fées tout simplement magique !

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Les rosés du Château Cavalier

Les premiers rayons de soleil à peine apparus, voici que les rosés se rappellent à notre bon souvenir. Dans un marché en forte croissance, tant en France qu’à l’international, les rosés ne sont plus aujourd’hui de simples vins de plage ou d’apéritif. L’exemple nous en est donné par le Château Cavalier, qui produit quatre rosés complémentaires, formant une gamme très cohérente.

Vendu en grande distribution (Leclerc, Carrefour, magasins U), le Château Cavalier Réserve de la famille 2014 (7 euros) est un vin moderne, vif, immédiat et fruité (grenache majoritaire). Doté d’une bouche ample et d’une finale tendue, il se marie parfaitement avec les sushis.

La Réserve de la famille, en accord parfait sur les sushis de Daiki Nishio, Maître sushis à l'hôtel Prince de Galles
La cuvé Réserve de la famille 2014, en accord parfait sur les sushis de Daiki Nishio, Maître sushis à l’hôtel Prince de Galles

Egalement disponible en grande distribution, le second vin Relais de Cavalier 2014 (6 euros) est croquant et généreux.

Du coté des cavistes (Nicolas), deux cuvées feront le bonheur des amateurs de rosés de gastronomie. Tout d’abord le Château Cavalier 2014 (10,70 euros), à dominante de grenache et cinsault, produit à hauteur de 500 000 bouteilles. C’est un vin fin et élégant. Beaucoup plus confidentiel (8000 bouteilles), le Château Cavalier Prestige 2014 (14,90 euros) est un vin de gastronomie. Il présente une robe pétale de rose et un nez tout en finesse. Equilibré, intense, il sera le compagnon idéal d’un risotto au citron.

Château Cavalier Prestige

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Le chenin dans tous ses états

Le 24 novembre dernier se tenait le premier salon des Grands Vins Blancs de Loire à Paris. Toutes (ou presque) les appellations ligériennes étaient représentées par une bonne cinquantaine de vignerons prestigieux.

3ème grand région viticole française, le Val de Loire s’étend du vignobles nantais jusqu’à l’Orléanais et le Centre-Loire, le long de la plus longue route des vins de France. Il est également le 1er producteur de vins blancs d’AOC de France, et peut s’enorgueillir de terroirs exceptionnels  donnant naissance à de très grand vins blancs, à la Qualité et au potentiel de garde encore bien trop sous-estimé, principalement issus de Chenin, de Sauvignon Blanc et de Melon de Bourgogne.

Le Chenin, déjà mentionné en Anjou en 1496 comme « plants d’Anjou » est aussi appelé « pineau de la Loire ». Ce véritable « passeur de terroir » se décline en sec, doux en liquoreux de grande garde. A l’heure où le cabernet gagne du terrain en Loire, notamment pour l’élaboration des rosés qui représentent aujourd’hui près de 50% de la production, il est important de rappeler la grandeur et la diversité d’expression de ce cépage. Les 5 vins suivants en sont la parfaite illustration.

Le Saumur Brut de chez Bouvet Ladubay est un 100% Chenin. Joli vin pétillant, bien fait, exprime d’élégantes notes florales. Riche et ample, s’appuyant sur un dosage modéré (10g/l) et issu de rendement importants, c’est un vin de plaisir agréable et sans prétention.

Le Vouvray sec du Château Gaudrelle 2012, issu d’un de vignes de 25 à 50 ans sur un terroir argilo-calcaire orienté sud, en pente, et parcouru de petites vallées propices à la bonne circulation d’air, exhale de subtiles notes de fleurs blanches et de tilleul. C’est un vin qui appelle la table par sa sapidité.

L’Anjou Blanc Les Gâts 2012 de Patrick Baudouin offre un superbe nez sur le lilas et l’empyreumatique. On est totalement dans l’esprit des grands rieslings alsaciens. La malolactique non provoquée lui apporte ampleur et gras. C’est très beau.

Le Saumur Brézé Le Clos des Carmes 2010 de Guiberteau est superbe. Le nez est intense, sur des notes de pierre à fusil, de fumé et de fleurs blanches. La bouche est saline et la finale très longue. Grand Vin.

Le Savennières sec Le Bel Ouvrage 2008 de Damien Laureau se pare d’une belle robe jaune d’or. Les notes de prune, de caramel et de miel sont très présentes au nez. L’acidité naturelle du chenin dans ce millésime frais dialogue parfaitement avec le gras et la souplesse du vin.

Pour clore ce tour d’horizon des Chenin de Loire, un grand liquoreux, le Quart de Chaume Grand Cru 2011 du Château Pierre Bise. La couleur or foncé / caramel est superbe. Le nez est séduisant sur des notes de miel et de fruits confits. Mais c’est en bouche que cette bouteille est stupéfiante. Pensez ! 200 g de sucre résiduel sur des notes de coing mûr, de miel, et aucune saturation. Pire, on en redemande !

Les passionnés de chenin en plein travail ..
Les passionnés de chenin en plein travail ..

Les vins issu du Chenin sont multi-facettes, véritables miroirs de leurs terroirs, qu’ils soient vinifiés en secs ou en liquoreux. Les rapports qualité prix encore excellents, en font des « must-have ». Alors laissez-vous porter par les découvertes de ces grands vins à Vouvray, Saumur, ou aux portes d’Angers. Vous y reviendrez, assurément.

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Le renouveau des vins israéliens

L’origine du vin en Israël remonte à la nuit des temps. Et pourtant, jamais cette histoire n’aura été aussi inventive et palpitante qu’aujourd’hui. En cinquante ans, le visage de la viticulture a totalement changé :

Les années 70 furent les années de cépages nobles, tels que le cabernet sauvignon et le merlot. L’envie de ressembler au modèle – Bordeaux, et l’éternelle tentation de le dépasser avec les mythiques 1976 et 1979 de Carmel. Puis les années 80 virent la vigne petit à petit conquérir les coteaux et montagnes. Ce fut la naissance des vignobles du Golan et plus tard de la Haute Galilée. La décennie 90 fut le théâtre du « small is beautiful » avec l’apparition des « caves boutiques, puis les années 2000 celles de la jeunesse avec l’arrivée d’une nouvelle génération de vignerons et œnologues ayant étudié en France ou aux Etats-Unis (Davis). Enfin, et depuis quelques années, la viticulture israélienne s’oriente vers l’étude de ses terroirs et des cépages les plus adaptés à la réussite de grands vins, au service d’une Qualité toujours croissante.

Parmi les domaines remarquables, citons Adir Winery. Le cabernet sauvignon 2011 (27 euros) est croquant de fruit, et dense. Pour un plaisir immédiat.  La cuvée Plato 2011 (90 % cabernet sauvignon – 10% syrah, 35 euros) est tout en élégance et dotée d’une belle matière. Un « Bordeaux » dans l’esprit.. aux accents méridionaux.
www.adir-winery.com

Cave historique fondée en 1882 par le Baron Edmond de Rothschild, Carmel Winery possède les deux plus grands établissements vinicoles d’Israël, à Rishon le Zion, au sud de Tel-Aviv, et à Zichron Yaacov, au sud d’Haifa, mais également deux autres petites caves dont la remarquable Cave de Yatir, située au Nord-Est du Néguev. En sont issues plusieurs cuvées dont l’excellent Yatir Forest 2010 (70 euros), véritable nectar réussissant l’alchimie parfaite entre fraîcheur, concentration, élégance et complexité.
www.carmelwines.co.il

La recherche de l’Excellence (vignes plantées entre 650 et 700 m d’altitude, en haute densité, petits rendements, vendanges manuelles, élevage de 24 mois en fûts de chêne français de grande Qualité) est une quête permanente pour le Domaine du Castel. Proposant plusieurs cuvées en rosé, blanc et rouge, nous retiendrons un superbe Castel Grand Vin 2011 (Cabernet Sauvignon – Merlot – Petit Verdot, 70 euros) élégant et racé, hautement buvable aujourd’hui, et capable d’une belle garde (une verticale sur 4 millésimes nous confirme la belle évolution de cette cuvée dans le temps). Et pour ceux qui ont la chance de posséder le mythique 2008 (épuisé au domaine), un grand moment de dégustation est à prévoir… dans quelques années !  Un domaine qu’il est urgent de découvrir et de faire connaître.
www.castel.co.il

Domaine du Castel
Mr. Eli Ben-Zaken (Domaine du Castel)

 

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Balade autour du monde

C’est à une invitation au voyage à laquelle nous fûmes conviés en cette « magnifique » (!) soirée pluvieuse de juin.

La balade commence en Argentine, avec un Torrentes Vinedos de la Posada 2012, offrant des arômes de litchi, poivre blanc et poire. Gras et rond, c’est un vin frais, immédiat, manquant peut-être un chouia de tension.

Vinedos de la posada Torrontes 2012

Le vin suivant nous amène en Sicile : La Ferla Inzolia 2012. Belle découverte que ce cépage Inzolia – ou Ansonica en Toscane (http://www.terroirsditalie.com/doc/vin/cepages.aspx?cepage=inzolia&lang=fr) que nous rencontrons rarement. Le nez est sur les fruits blancs (pêche), l’attaque est droite, le vin est vif et nerveux, doté d’une finale amère marquée sans être verte.

La Ferla Inzolia 2012

Nous restons au pays d’Archimède avec un Santagostino Baglia Soria 2011. Succédant à un nez fermé, la bouche présente un profil monolithique. Le vin est rectiligne, on devine un beau raisin, tout d’un bloc, qui demande probablement quelques mois supplémentaires pour jouer sa partition.

Santagostino Baglia Soria 2011

Toujours en Italie, nous abordons les rouges avec un Nero d’Avola Aquilae 2010. Paré d’un rouge cerise peu intense, le vin est sur le fruit, croquant, sur de jolies notes de fraise des bois. C’est très gourmand !

Nero d'Avola Aquilae 2010

Puis la Corse est à l’honneur avec la cuvée Oriu du domaine de Torraccia sur le millésime 2005.  Un nez de petits fruits rouges et d’épices douces ouvre le bal à un palais tout de soie vêtu. Quelle finesse mes amis ! La plus jolie quille de la soirée.

Torraccia Oriu 2005

Retour en Argentine avec un vin tout en puissance et en finesse : le Cobos Malbec 2009. La robe est d’un rouge intense, qui évoque un porto. Au nez, des notes de garrigue, de cuir et d’épices s’entremêlent subtilement. Cette impression de puissance se confirme en bouche sur des arômes de fruits noirs, compotés, mais cela reste très fin et long, sur une finale amère d’une grande élégance. Un très beau vin, qu’il faut attendre au moins 10 ans.

Cobos Malbec 2009

Le voyage ne pouvait s’achever sans une douceur… Elle fût grecque, de Santorin plus exactement. Le Vinsanto 2003 du domaine Hatzidakis se pare d’une robe bistre brun. Au nez, le pruneau à l’eau de vie domine. Le fil acide dû aucépage Assyrtiko apporte un contrepoint nécessaire à la richesse de ce vin . Une belle découverte que l’on peut trouver aux caves Augé : http://www.cavesauge.com/

Vinsanto Hatzidakis 2003

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Un jeune homme de 1900 et son grand-père …

Déguster un vieux Porto reste et doit rester un moment rare. Ces bouteilles au potentiel de garde sans limite sont autant d’occasions de nous remémorer nos racines, notre histoire.

En 1900, l’exposition universelle de Paris organisée entre la place de la Concorde et le Champs-de-Mars, accueille des pavillons somptueux. Elle rend hommage au siècle qui s’achève et célèbre le nouveau qui s’annonce riche en découvertes et en progrès techniques. C’est également l’année de naissance du guide Michelin, précieux compagnon des automobilistes gourmands. Au Portugal, l’année est marquée par la naissance de José Maria Eça de Queiros, célèbre conteur et diplomate.

Le Porto Wiese and Krohn 1900 revêt une magnifique robe ambrée, parée de reflets bistre. Au nez, l’amande amère et la noix verte lui confèrent une incroyable fraîcheur. En bouche, l’attaque est vive, la sensation tactile précise et ronde à la fois. La noisette grillée, la noix et le café se disputent la première place en notre palais. Quelle longueur mes amis ! Ce vin est étonnant de vivacité !

Porto 1900 Wiese and Krohn

Quelques dizaines d’années plus tôt, le mois d’avril 1834 est marqué par un épisode sanglant à Lyon : la seconde révolte des canuts dans les quartiers de la Guillotière et de la Croix-Rousse. Au Portugal à la même période, la convention d’Evamorente met fin à la guerre civile portugaise.

Le Porto Wiese and Krohn 1834 présente une robe tuilée foncée. Au nez, on distingue successivement la noix, l’amande amère et les notes fumées. En bouche, le vin est plus massif et puissant que son descendant, peut-être moins fin. Mais quelle jeunesse pour un breuvage de 179 ans d’âge… Il tient debout et défie sans rougir la superbe tarte au chocolat amer maison. Un grand moment de vin et d’histoire.

Porto 1834 Wiese and Krohn 1

Porto 1834 Wiese and Krohn 2

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